Le tramway de Bordeaux est un CITADIS
Inauguré en décembre 2003, le nouveau tram avance
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Présentation en photos du tramway |
Plan des lignes A, B et C du tram |

Alimentation Par le Sol, une innovation bordelaise
Comme de nombreuses villes, Bordeaux a remis au gout du jour l'usage du tramway. C'est le modèle CITADIS produit par ALSTOM qui a été retenu. Si l'on retrouve ce modèle de tramway dans plus d'une vingtaine de villes dans le monde, la capitale Girondine a été la première à tester un système d'alimentation par le sol (APS) qui permet au tram de circuler en évitant les peu esthétiques câbles aériens (caténaires). Toutefois ce système plus onéreux (et à la mise au point délicate) ne concerne qu'une dizaine de kilomètres, essentiellement au centre ville de Bordeaux.
C'est le 21 décembre 2003, en présence du président de la République (Jacques Chirac) que la première ligne a été inaugurée. Cette ligne A assurait alors la liaison entre la rive droite dont le terminus était à Cenon la Morlette et le centre commercial Meriadeck.
Trois lignes A, B et C, et bientôt une quatrième ligne D
Une page spéciale est consacrée sur ce site aux 3 lignes actuelles du tramway de Bordeaux ainsi qu'aux stations qui sont desservies. Cette page présente également les projets d'extensions ainsi que ce qui devrait être le tracé de la future ligne D.
Un tramway qui redessine la ville et les habitudes de ses habitants
Installer un tramway dans une ville n'est jamais chose simple. Il
faut en définir le tracé des lignes qui inévitablement suscite
l'engouement des uns et les réticences des autres selon qu'ils
soient usagers ou riverains. Ensuite il faut bien poser les rails,
installer les caténaires pour les parties non alimentés par le sol,
et mettre en place toute l'infrastructure.
C'est la difficile et toujours trop longue période des travaux. Bordeaux n'a pas échappé à cette logique mais a judicieusement mis à profit cette période pour donner un souffle nouveau à la ville. De nombreuses places ont été redessinées, la Victoire, Pey Berland, la Comédie ..., des ilots entiers d'immeubles ont été ravalés, les quais ont été entièrement réaménagés et transformés en lieu de promenade avec l'apparition du miroir d'eau et du jardin des lumières. Ainsi, lorsque les Bordelais ont accueilli leur nouveau tramway, ils ont en même temps retrouvé leur ville plus belle et accueillante. Ce n'est pas sans raison que Bordeaux a été inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO en 2007.
Transporter sans publicité mais en communiquant parfois
A la différence du tramway des années 1900 qui affichait
systématiquement une réclame pour la parfumerie BIJON, pour
AUTOMOBILINE ou toute autre enseigne ou marque, le CITADIS est
neutre et dépourvu de publicité. Ceci ne l'empêche pas de parfois abandonner, le temps d'un évènement, ses
couleurs habituelles pour revêtir un habillage particulier.
C'est ainsi que les bordelais ont pu le voir successivement avec une grenouille leur demandant d'ouvrir les yeux, en tenue de rugbyman lors de la coupe du monde, ou encore aux couleurs de Bordeaux 2013 lors de la candidature de la ville au titre de capitale européenne de la culture. Stations et distributeurs de billets peuvent aussi participer à l'opération de communication. Le dernier habillage en date était celui consacré à la commémoration du Centenaire de l'aviation à Bordeaux (voir page spéciale sur ce site).
Les opérateurs ... et la rentabilité
Gérer un réseau de transport en commun est une vaste affaire, et
dans la plupart des cas les collectivités confient cette mission à
des opérateurs privés dont c'est la spécialité. C'est le cas à
Bordeaux ou cette gestion a été assurée de l'inauguration en 2003
jusqu'au printemps 2009 par le même opérateur sous les appellations
successives de Connex et de Veolia Transports. Un appel d'offres
lancé par la CUB (Communauté Urbaine de Bordeaux) a alors été
remporté par un opérateur concurrent, Keolis qui assure donc
aujourd'hui la gestion des transports à Bordeaux.
Point délicat pour les gestionnaires et par voie de conséquence pour le contribuable, la rentabilité qui se traduit plutôt en terme de "réduction des déficits". Un tramway cela coute cher à mettre en place, et il faut ensuite l'entretenir. Malgré un nombre d'utilisateurs en constante progression, le prix du ticket qui se doit d'être abordable, ne peut pas à lui seul couvrir la dépense. Régulièrement des campagnes de sensibilisation attirent tout de même les usagers sur la nécessité de composter leurs titres de transport en toute circonstance.
2004-2006 une difficile période de rodage
Les premières années d'exploitation sont toujours un peu délicates car nécessairement un nouveau moyen de transport en commun bouleverse les habitudes alors que dans le même temps il faut l'adapter au mieux pour répondre aux attentes des usagers. La période de rodage du tram a été particulièrement longue et délicate en raison de son système unique d'alimentation par le sol qu'il a bien fallu apprendre à maitriser. De 2004 à 2006, les passagers ont souvent été contraints de s'armer de patience face à des incidents techniques à répétition. Au registre des incidents, les photos ci dessous prises le 24 aout 2006 montrent une rame de tramway ayant déraillé devant la gare Saint Jean. Fort heureusement, cette période n'est plus qu'un mauvais souvenir et aujourd'hui le tram remplit pleinement son rôle avec un taux de panne acceptable et comparable à celui d'autres grandes villes utilisant un tram.
Bordeaux et le tramway, une longue histoire d'amour
Il faut dire qu'entre Bordeaux et le tramway il y a une longue histoire empreinte d'une certaine affection pour ce mode de locomotion. Du début des années 1900, et pendant 58 ans, Bordeaux a été desservie par plusieurs générations de tramways. A la fin des années 50, jugé obsolète il sera remplacé par l'autobus pour le transport en commun et surtout par le développement de la voiture personnelle. C'est alors qu'il disparaitra du paysage. La mémoire était cependant restée vivace et les générations ayant connu sa présence ne manquaient jamais une occasion de rappeler avec une pointe de nostalgie combien ce moyen de transport avait été prisé des Bordelais. Dans ce contexte, lorsque le retour du tramway a été programmé on comprend que le terrain était propice pour qu'il rencontre un accueil favorable.
2010 : sept ans plus tard, un petit frère à Toulouse
Il s'agit également d'un CITADIS produit par ALSTOM
Alors que le tramway fait désormais partie du paysage et des habitudes de déplacements pour bons nombre de Bordelais, il est intéressant de pouvoir établir une brève comparaison avec Toulouse la grande ville voisine du Sud Ouest.
En dehors du classique autobus, la capitale de Midi Pyrénées avait jusqu'alors prioritairement opté pour le métro. Elle vient désormais de se doter aussi d'un tramway, et comme à Bordeaux son choix s'est porté sur le modèle CITADIS produit par ALSTOM.
Un démarrage difficile
On
se souvient que l'arrivée du tram à Bordeaux avait été perturbée par
des pannes à répétition affectant le tout nouveau système APS
(Alimentation Par le Sol). Point d'innovation sur l'alimentation à
Toulouse qui utilise les classiques caténaires et pantographes,
pourtant malgré l'affichage ostentatoire "Design by Airbus" sur
chaque rame on peut dire que le tram a raté son envol.
L'inauguration était initialement prévue pour le 27 novembre 2010, la fête était prête et financée (le chiffre de 350 000 euros est régulièrement avancé), mais la fête a été annulée à la dernière minute. En cause un difficile conflit opposant Syndicats et Direction de Tisséo (l'exploitant Toulousain) sur des primes à donner selon les uns ou pas selon les autres. Il aura fallu 2 semaines complètes d'immobilisation des rames dans leur dépôt pour qu'une solution soit enfin trouvée. C'est donc le 11 décembre 2010 et dans une relative indifférence que le tram Toulousain aura enfin transporté ses premiers passagers.
11 kilomètres de Toulouse les Arènes à Blagnac Aéroconstellation
Cette première ligne baptisée T1 débute à la station des Arènes à Toulouse pour rejoindre, 11 kilomètres plus loin, le site Aéroconstellation (lieu d'assemblage de l'Airbus A380) situé à BLAGNAC. Au jeu des comparaisons avec le tram de Bordeaux on remarquera bien sur la nouvelle cabine dessinée par AIRBUS, un intérieur plus coloré ou encore des poignées et des barres de maintien aux formes moins rectilignes. Pour le reste, même s'il s'agit d'un ALSTOM version 2009, nous sommes bien en présence du même modèle et en circulation les sensations sont les mêmes.
Petites rames, petites stations ... et automobiles sur les voies
Au jeu des différences, ce qui est particulièrement surprenant par rapport au tramway de Bordeaux, ce sont 2 zones pavillonnaires de Blagnac ou les voitures sont autorisées à circuler sur les voies du tram. Certes il s'agit de zones 30 mais il est tout de même inattendu de trouver cette cohabitation. Pour l'instant le tramway est exclusivement composé de rames courtes. Ce qui est plus surprenant c'est que l'ensemble des stations sont également des stations courtes. Si le tram rencontre le succès, ce qui est a priori le but recherché, le CITADIS étant modulable il sera facile de le faire évoluer dans quelques années avec les rames longues. Malheureusement cela ne pourra se faire sans passer à nouveau par la case travaux pour rallonger les stations. Et ceci pourrait arriver plus vite que l'on peut le penser ... on en reparle dans 5 ans ?
Cartes postales : vision d'hier
Les trois cartes postales ci dessous du début des années nous montrent que le tramway était déjà fort bien implanté à Bordeaux.
Sur la première carte postale on remarque que le tramway passait déjà par le cours de l'Intendance. En revanche il ne tournait pas comme c'est le cas aujourd'hui, place de la Comédie mais continuait tout droit pour rejoindre les quais via le cours du Chapeau Rouge.



La carte du centre postée en 1922 nous montre que si la porte de Bourgogne était déjà une station importante le tramway passait sous la porte pour emprunter le cours Victor Hugo. Le tramway d'alors côtoyait les charrettes tirées par des chevaux et arborait fièrement une réclame pour KUB. Enfin, sur la vue de droite on peut voir que le tramway de l'époque empruntait les allées de Tourny avant de se diriger vers la place des Quinconces.
[ Document Carte Postale - collection personnelle ]
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