Regards photographiques sur Bordeaux et la Gironde

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La Garonne à Bordeaux : le fleuve retrouvé

Des Pyrénées à l'estuaire de la Gironde

C'est dans les Pyrénées Espagnoles que la Garonne trouve sa source. Pour sa partie Française, la Garonne s'étire sur 520 kilomètres. Avant de parvenir en Gironde, la Garonne traverse plusieurs départements du Sud Ouest (Ariège, Haute Garonne, Tarn et Garonne, Lot et Garonne). Elle traverse entre autre les villes de Muret, Toulouse, Agen et Langon. Même si quelques bateaux de promenades circulent à Toulouse, sa partie navigable pour les péniches commence véritablement à Langon. Pour les plus gros bateaux, navires de croisière ou cargos la limite se situe au pont de pierre de Bordeaux. Bien que navigable, la Garonne n'en reste pas moins un fleuve turbulent.

 

Vue panoramique de la Garonne au coucher de soleil 

C'est près de son fleuve que s'est développée la ville de Bordeaux. Longtemps la Garonne a été la clé de voute de l'économie bordelaise, et même si ce n'était pas son activité unique on pense bien sur en premier lieu au commerce de son vin. 

Un fleuve turbulent et parfois débordant

Il y a quelques décennies, au moment des forts coefficients de marée, il n'était pas rare que les riverains soient confrontés à des inondations. Des travaux importants (digues, systèmes d'évacuation, clapets de sécurité ...) ont été réalisés. Si les risques n'ont pas totalement disparus, désormais les débordements se font plus rares. Néanmoins on peut encore, de temps à autre lors de forts coefficients de marée, voir la Garonne sortir de son lit près du pont de pierre ou du coté du quai des marques pour la rive gauche et le long des quais (Deschamps, Queyries ou Brazza) pour la rive droite.

 

 

 

Partie intégrante de la ville, mais isolé pendant quelques années

De tout temps la vie de Bordeaux s'est organisée autour de son fleuve et de son port. Pourtant, dans la seconde partie du XXème siècle la connexion semblait s'être rompue. Des barrières, qui avaient été installées tout au long des quais pour protéger les hangars, et les grues destinées aux activités portuaires interdisaient aux bordelais d'accéder à leur fleuve. Puis le port de Bordeaux qui accueillait il y a quelques dizaines d'années encore cargos et porte-containers a vu progressivement ses infrastructures se déplacer à Ambés et même plus loin jusqu'au Verdon.  

 

 

Au moment ou le tram nouvelle génération a fait son retour à Bordeaux, la ville a été redessinée. Les barrières sont tombées, certains hangars on disparu, d'autres ont été reconvertis (quai des Marques), la Garonne et les Bordelais se retrouvent. 

Infrastructures, les indispensables pontons

Bien sur ce n'est pas la cause unique, mais si l'activité maritime est restée quelque peu en sommeil durant plusieurs décennies, il faut reconnaître que le manque d'infrastructures n'y était pas totalement étranger. Aujourd'hui Bordeaux est en train de combler son retard et le nombre d'embarcadères et pontons ne cesse de croitre.

 

Ponton Yves Parlier, ponton de Lormont, ponton de port Bastide, ou de la Benauge pour la rive droite. Sur la rive gauche, le ponton qui accueillait le "Bus du fleuve" face à la porte Cailhau a été déplacé fin 2010 et se trouve désormais quai des Chartrons. En lieu et place, quai Richelieu à coté de la maison Ecocitoyenne, le super ponton qui manquait encore à Bordeaux a été inauguré le 21 mai 2011. Il s'agit du ponton d'honneur avec se deux accès Garonne et Gironde. 

 

 

 

L'arrivée de nouvelles compagnies de croisières a aussi rendu nécessaires la construction des pontons Albert Londres, Lafayette et maintenant Thomas Jefferson.

Le retour des bateaux en nombre sur la Garonne

Croisières, transports en commun, et même Airbus ...

Au cours des années 2000 la ville de Bordeaux s'est épanouie. Les façades des immeubles ont retrouvé leur clarté.  Skate parc, Jardin des lumières, miroir d'eau, parc des sports Saint Michel sont apparus comme autant de bonnes incitations à la promenade. Après avoir retrouvé un accès à leurs quais, bordelais et touristes commencent aussi à pouvoir redécouvrir le plaisir de naviguer sur la Garonne. L'offre est en effet de plus en plus variée et l'on ne peut que se réjouir de l'arrivée régulière de nouveaux bateaux avec de nouvelles idées de promenades et de croisières.

 

Bateaux au ponton Yves Parlier

 

Airbus A380, un avion qui avant de voler navigue sur la Garonne

L'Airbus A380 est un avion Européen dont les principaux éléments sont fabriqués dans plusieurs usines réparties en Allemagne, Angleterre, France ou Espagne. Il convient ensuite d'acheminer les différents tronçons (le fuselage avant, le fuselage central, le fuselage arrière, les ailes droite et gauche, et enfin l'empennage horizontal) vers l'usine d'assemblage "Aéroconstellation" de Toulouse Blagnac.  

 

 

Pour cela, les éléments arrivent par navire dans l'estuaire de la Gironde (à bord du Ville de Bordeaux) puis sont transportés sur la Garonne à bord des barges BRION et BREUIL spécialement conçues pour le A380. Ainsi les bordelais ont ils pris l'habitude de voir ces navires très caractéristiques sur la Garonne avec l'étape particulièrement délicate qui consiste à passer à marée basse sous une arche du pont de pierre. 

 

Paquebot Costa croisières et barge Airbus A380

 

Une navette fluviale intégrée aux transports en commun

BATCUB catamaran hybride de Bordeaux

 

 

La Mouette, BATCUB à Bordeaux -  photo 33-bordeaux.comSigne du nouvel intérêt pour le fleuve, désormais un service de navettes fluviales a été intégré au réseau de transports TBC. Ils s'appellent l'Hirondelle ou la Gondole, 2 catamarans spécialement commandés par l'ex CUB (aujourd'hui Bordeaux Métropole) et construits sur le bassin d'Arcachon par les chantiers Dubourdieu à Gujan Mestras. La particularité de ces 2 "bus du fleuve" étant qu'ils sont dotés de moteurs hybrides.

 

Depuis mai 2013, placés sous la gestion de Kéolis, et pilotés en délégation par les marins de "Gens d'estuaire", l'hirondelle et la gondole assurent un service quotidien entre Quinconces et Lormont bas d'une part, et Stalingrad et Quinconces d'autre part. Un troisième bateau plus classique, la Mouette, vient compléter le dispositif. Tout en employant les abonnements ou tickets de transports habituels, il est donc possible, d'utiliser les navettes BatCub pour rejoindre son lieu de travail ou pour effectuer ses courses.

Le succès après la période de rodage ...

Après un démarrage sans doute un peu précipité et quelques incidents de parcours, la phase de rodage semble être achevée. Les chiffres de 2014 sont encourageants car ils montrent une nette progression du nombre d'usagers utilisant les navettes BATCUB. 

 

 

Ils naviguent aussi sur la Garonne

 

 

Dragues, bâtiments militaires, bateau école, remorqueurs ... participent également à l'activité du fleuve

 

 

Changement de nom, de décor, ou fin de navigation ...

L'Aliénor compagnon de navigation du Ville de Bordeaux a durant quelques temps disparu du paysage. Il a ressurgi rive droite au ponton Montesquieu, et si l'on en croit l'information affichée sur place il devrait "prochainement" avoir une vocation de "bateau livre". Son petit frère Aliénor II, après un changement de mains est revenu sous le nom de Sardane aux couleurs rouge et noir de Bordeaux River Cruise (Gens d'Estuaire). Quant au Paris Grenelle, après avoir longtemps navigué sur la Seine il officie désormais sur la Garonne avec une nouvelle identité. Pour la péniche Sorellina, elle a définitivement quitté le paysage victime d'un accident de navigation. 

 

 

Le cas particulier du Ville de Bordeaux : un possible retour

Contrairement à ce que son nom pourrait indiquer, le bateau Ville de Bordeaux est privé et il n'appartient pas à la municipalité bordelaise. Ce n'est d'ailleurs qu'en 1982, après avoir été racheté et modifié qu'il a été baptisé Ville de Bordeaux. A l'origine il s'appelait "Deux Rives" et lors de sa première mise à l'eau en 1933 il s'agissait d'un bac destiné à effectuer des traversées entre Blaye et Lamarque. Plus tard il effectuera les traversées entre La Pallice et Saint Martin de Ré. Pendant la période ou l'activité sur la Garonne à Bordeaux était réduite à sa plus simple expression, il était l'un des rares navires à encore proposer des balades fluviales.  

 

 

Interdit de naviguer pour des raisons de sécurité, il est resté à quai pendant plusieurs années. Il a ensuite offert aux promeneurs le désolant spectacle de sa dégradation. Une lente agonie qui semblait le diriger vers une issue fatale. Chacun pensait alors qu'il ne naviguerait sans doute plus et qu'au mieux il trouverait sa place dans un musée maritime. Pourtant, au printemps 2015 il a finalement quitté son emplacement des Chartrons.

Cale sèche pour un état des lieux avant l'étape suivante 

 

Après avoir trouvé un nouveau propriétaire le bateau doit subir un examen minutieux afin de déterminer l'importance des travaux à engager pour son éventuelle remise en service. A n'en pas douter c'est le montant des travaux qui sera déterminant pour la suite. Retour ou pas, sous le même nom ou avec une nouvelle appellation ? La fin de la période du diagnostic terminé, il semble que c'est vers l'un des pontons de la rive droite qu'il devrait s'acheminer dans l'attente de son nouveau destin.

Le croiseur Colbert, navire musée resté 14 ans sur les quais à Bordeaux

Bordeaux le navire musée Colbert -  photo 33-bordeaux.comAprès son activité militaire, le Colbert qui était un croiseur lance missiles de la Marine Nationale jusqu’en 1991 est arrivé sur les quais de Bordeaux (en 1993) ou il est devenu un navire musée. Un nouveau marché situé sur les quais à proximité lui avait même emprunté son nom pour devenir le « marché Colbert ».

 

Classé monument historique le musée atteindra son chiffre de visiteurs records en 2004 avant que ne s’amorce, pour de nombreuses raisons, son déclin. Tandis que les quais étaient en cours de réaménagement, le musée fut fermé faute de moyens pour son entretien et aussi de visiteurs. En mai 2007 le Colbert a quitté les quais de Bordeaux pour ce qui devait être son tout dernier voyage au cimetière marin de Landévennec. 

Retour à Bordeaux Port Atlantique sous le numéro de coque Q683

Comme un pied de nez à l'histoire, c'est pourtant vers Bordeaux qu'il reviendra sous son numéro de coque Q683 pour être définitivement démantelé sur les installations spécialisées d'Ambés. Avant de revenir à Bordeaux le Q683 devra être cependant préparé car à l'époque de son désarmement il avait seulement été démilitarisé et aura besoin d'être sécurisé pour son ultime retour.

 

 

Les installations du port de Bassens et les équipes spécialisées qui y opèrent répondant aux exigences drastiques en matière de sécurité, de traçabilité et de protection de l'environnement ont pu remporter les 2 gros marchés de démantèlement que constituent la Jeanne d'Arc et le Colbert.

Un retour précédé par l'ancien porte hélicoptères Jeanne d'Arc

Ex porte hélicoptères Jeanne d'Arc - Coque Q860 - dans le port de Bordeaux

 

Alors que la Jeanne d'Arc a quitté ses fonctions militaires en 2010 soit pratiquement 10 ans après le Colbert, c'est pourtant elle qui est arrivée en premier à Bordeaux au printemps 2015. Il faut dire qu'à la différence du Colbert, dès son désarmement tout a été pensé pour sa déconstruction. En une décennie les standards ont évolué et c'est donc un bâtiment débarrassé de tout ce qui n'était pas valorisable qui a été remis par la Marine. C'est sous le numéro de coque Q860 que "La Jeanne" a terminé définitivement son existence avant de céder la place au Q683. 

 

 

Coque Q860 avant démantèlement 

 

 

 

Ex Jeanne d'Arc - Q860 - entourée par les bateaux de la Solitaire du Figaro à Bordeaux 

 

 


 

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