Les portes de Bordeaux
Les traces visibles d'une histoire mouvementée
La Grosse
Cloche |
La porte
Cailhau |
Bordeaux, quelque peu isolée de son fleuve, comptait dans sa période fortifiée un grand nombre de portes médiévales qui ont été détruites par la suite. Afin d'ouvrir la ville, et sous l'impulsion de Tourny il a été bâti plusieurs nouvelles portes, ouvertures en forme d'arc de triomphe dont subsistent aujourd'hui les portes d'Aquitaine, de Bourgogne, Dijeaux et porte de la Monnaie. On peut également encore voir la Grosse Cloche et la porte Cailhau vestiges du XIIIe et du XVe siècle.
La porte de Bourgogne
Le long des quais, place Bir-Hakeim, très exactement dans l'axe du pont de pierre et au départ du Cours Victor Hugo se trouve la porte de Bourgogne également connue pendant longtemps sous le nom de porte des Salinières. Erigée au XVIIIe siècle (1750-1755), on la doit aux architectes Ange Jacques Gabriel et Nicolas portier.
Depuis fin 2003, une station de tramway située sur les quais et à la sortie du pont de pierre porte le nom de porte de Bourgogne.
La porte d'Aquitaine
La porte d'Aquitaine est située place de la Victoire et permet d'accéder à la rue Sainte Catherine. Véritable arc de triomphe elle s'appelait auparavant Saint Julien tout comme la place qui n'a été baptisée place de la victoire qu'en 1918. Construite en 1753 cette porte monumentale est surplombée par un fronton triangulaire richement sculpté. C'est la face Sainte Catherine qui contient le plus de détails avec les armoiries de Bordeaux, grosse Cloche et léopard compris, mais aussi armes de la ville, tonneaux et même un perroquet. Coté place, le triangle reçoit en sculptures dieux marins et fleurs de lys.
La porte Dijeaux
Située à l'intersection des rues piétonnes des remparts, porte Dijeaux et de la rue de la vieille tour, cette porte est en retrait de la place Gambetta et l'on peut aussi la rejoindre depuis la rue Bouffard. Elle est également visible pour les promeneurs depuis la rue Sainte Catherine à l'angle de la Galerie Bordelaise.
Au pied de la porte Dijeaux, on trouve une terrasse de café d'un coté (place Gambetta) et régulièrement de l'autre (angle rue de la vieille tour) un marchand proposant les fruits de saison. La rue Porte Dijeaux est une importante rue commerçante de Bordeaux, piétonnière comme la rue Sainte Catherine qu'elle croise.
La porte Dijeaux présente un grand nombre de similitudes avec la porte d'aquitaine, notamment dans son architecture surmontée d'un fronton triangulaire également sculpté. Sur la façade de la rue porte Dijeaux, comme pour la porte d'aquitaine on retrouve les armoiries de Bordeaux avec les tours de la Grosse cloche surmontées du léopard. Corne d'abondance, grappe de raisin et symboles marin complètent cette face triangulaire sous laquelle on retrouve également sculpté un mascaron recouvert par deux têtes animales (chèvres ?). De l'autre coté le triangle est lui occupé par les symboles royaux, couronne et fleurs de lys, mais aussi deux ailes, un casque et un poisson. Sous le triangle une tête animale surplombe le chiffre 1748 qui correspond à la date de sa construction.
Concernant l'origine du nom Dijeaux, deux hypothèses s'affrontent, déformation de "porte des Gious" pour les uns ou encore "porte Jovis" qui en gascon deviendrait Dijos pour les autres.
La porte de la Monnaie
La porte de la Monnaie est située sur les quais de la Monnaie, à mi distance entre pont de pierre et pont Saint Jean et à quelques pas du conservatoire de musique.
La rue qui aboutit sur la porte s'appelle également rue porte de la monnaie mais elle ne s'est pas toujours appelée ainsi. A l'origine rue des Harlots, ensuite et pendant les trois siècles ou Bordeaux fut sous domination anglaise elles s'appellera rue des Anglais.
C'est en 1752 qu'il fut décidé d'ériger une porte qui conduisant à l'Hôtel de la monnaie ou était alors frappée la monnaie de Bordeaux. La rue après avoir été élargie s'appela alors Grande rue de la Monnaie avant de trouver son appellation actuelle de rue Porte de la Monnaie. On doit cette porte érigée en 1758 à l'architecte André Portier
Cartes postales : visions d'hier
Voici trois cartes postales du début du XXe siècle. On y découvre une porte de Bourgogne particulièrement animée. Charrettes à cheval transportant les tonneaux de vin, kiosque à journaux, de nombreux tramways avec leurs réclames pour "BOUSQUET rue Sainte Catherine" et la "parfumerie BIJON" sont autant de détails évocateurs de l'époque.
Concernant la porte d'Aquitaine, il est intéressant de la découvrir en 1903 alors qu'elle compte à gauche et à droite un prolongement mural avec deux autres portes qui ont été détruites depuis. On peut également y voir un tramway assurant la ligne "AQUITAINE - GAMBETTA - TOURNY" mais aussi un véhicule de transport en commun à cheval avec une réclame pour "MAGGI".
Enfin pour la porte Dijeaux, ce sont ses lampadaires, ses charrettes à bras et ses passants en "canotiers" qui signent l'époque.



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